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 Peter Bruegel - Le triomphe de la Mort.

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pscy
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MessageSujet: Peter Bruegel - Le triomphe de la Mort.   Mar 21 Aoû - 18:35

Le triomphe de la Mort. Peter Bruegel.


Le panneau est grand (117x162), comme le sujet.
Malgré l'abondance des petites figures, la composition est claire et les tonalités rouges en liant le bas et le haut évitent la dispersion.
Au premier plan, de gauche à droite, un Empereur, un cardinal, un guerrier dont l'épée est inutile, un bouffon qui tente de se cacher sous la table: autant de victimes qui n'échappent pas au massacre. A l'angle de droite, un amant joue la sérénade à son amie; absorbés par leur amour, les jeunes gens ne voient pas le danger imminent. Au second plan, les représentations du personnage principal: la Mort tirant le chariot des cadavres, la Mort et son filet, la Faucheuse à cheval. Des rangs de squelettes poussent les malheureux à se réfugier dans une caisse, autre piège qui ressemble à une trappe. A l'arrière, à gauche, la cloche sonne le glas ou la victoire et l'armée de la Mort au loin s'en réjouit. Dans le fond, végétation desséchée, incendies, gibets, roues et échafauds.

Dans cette allégorie, toutes les formes de mort sont représentées: crime, exécution, combat, suicide... la vue de ces villages calcinés, ravagés, devait être familière au peintre; on peut donc y trouver un témoignage sur l'oppression espagnole. Pourtant, le tableau a surtout un sens symbolique et universel: nul n'échappe à la mort qui surprend le riche et le pauvre, le vieux et l'enfant, dans la quiétude du quotidien (interruption d'une partie de cartes, à l'avant-plan).
Le réalisme ne nous épargne aucun détail: un chien lèche le sang d'une victime étendue, un noyé au corps gonflé flotte sur l'eau, le buste décharné d'un enfant sort du cercueil de sa mère, posé lui-même sur un cadavre; le sol est jonché de crânes et d'ossements...



Vision infernale de la condition humaine, ce tableau surprend d'abord par l'abondance des figures, la redondance du symbole qui ne laisse aucun espoir. Puis, on y revient avec l'impression que quelque chose nous a échappé. Et le regard s'arrête à nouveau sur ce squelette du premier plan qui égorge un pélerin; ou sur cet autre qui se sert de pièces d'or et l'on comprend d'où vient le malaise: la Mort, en plein travail, s'amuse...Voyez son sourire moqueur devant ces biens terrestres! Voyez l'ardeur joyeuse de ces soldats de la Mort!
A la panique désespérée des survivants correspond l'enthousiasme "triomphal" du vainqueur. Comment ne pas songer aux guerres du XXe siècle et aux génocides qui ont trouvé des éxécuteurs zélés?
Allégorie de la mort inévitable mais aussi symbole de l'oeuvre macabre des hommes qui anticipent l'heure, au nom du fanatisme et du pouvoir.
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MessageSujet: Re: Peter Bruegel - Le triomphe de la Mort.   Mar 21 Aoû - 19:00

Etrange, il me semblait déjà avoir mis des tableaux de bruegel !
avec ce lien : http://bruegel.pieter.free.fr/

Un très grand peintre !
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MessageSujet: Re: Peter Bruegel - Le triomphe de la Mort.   Jeu 6 Sep - 9:04

Un autre site avec une analyse du tableau : http://www.restode.cfwb.be/francais/_ARTS/Breughel/Triomphe/index.asp



Citation :
"Quelque chose d'effroyable avait eu lieu là. Partout à l'horizon s'élevaient des flammes dans un grand effort d'arrachement pourpre, ainsi que des cris. Nous avons atteint les premières fermes, dont les murs calcinés étaient méconnaissables. Dans les cours gisaient pêle-mêle des cadavres de moutons, porcs, vaches, ainsi que d'étranges flaques de chair dont on devinait vaguement l'origine humaine: ici et là subsistaient un pied, un bras, une tête écrasée, une purée de cervelle. (...)
La fumée des incendies, rabattue par le vent du nord, m'étouffait à demi, m'empêchait de voir que le soleil brillait déjà haut. Une telle fumée portait un nom précis: l'Espagnol, l'Ennemi, le Dominateur exécré d'un pays innocent dont il me faudrait dorénavant découvrir les trésors, s'il en restait du moins."
L'Enragé, D. Rolin, P. 47, Espace Nord, Labor, 1986



Le panneau est grand (117x162), comme le sujet. Malgré l'abondance des petites figures, la composition est claire et les tonalités rouges en liant le bas et le haut évitent la dispersion.
Au premier plan, de gauche à droite, un empereur, un cardinal, un guerrier dont l'épée est inutile, un bouffon qui tente de se cacher sous la table: autant de victimes qui n'échappent pas au massacre. A l'angle de droite, un amant joue la sérénade à son amie; absorbés par leur amour, les jeunes gens ne voient pas le danger imminent. Au second plan, les représentations du personnage principal: la Mort tirant le chariot des cadavres, la Mort et son filet, la Faucheuse à cheval. Des rangs de squelettes poussent les malheureux à se réfugier dans une caisse, autre piège qui ressemble à une trappe. A l'arrière, à gauche, la cloche sonne le glas ou la victoire et l'armée de la Mort au loin s'en réjouit. Dans le fond, végétation desséchée, incendies, gibets, roues et échafauds.


Dans cette allégorie, toutes les formes de mort sont représentées: crime, exécution, combat, suicide... Comme le suppose D. Rollin dans l'extrait cité, la vue de ces villages calcinés, ravagés, devait être familière au peintre; on peut donc y trouver un témoignage sur l'oppression espagnole. Pourtant, le tableau a surtout un sens symbolique et universel: nul n'échappe à la mort qui surprend le riche et le pauvre, le vieux et l'enfant, dans la quiétude du quotidien (interruption d'une partie de cartes, à l'avant-plan).
Le réalisme ne nous épargne aucun détail: un chien lèche le sang d'une victime étendue, un noyé au corps gonflé flotte sur l'eau, le buste décharné d'un enfant sort du cercueil de sa mère, posé lui-même sur un cadavre; le sol est jonché de crânes et d'ossements...

Vision infernale de la condition humaine, ce tableau surprend d'abord par l'abondance des figures, la redondance du symbole qui ne laisse aucun espoir. Puis, on y revient avec l'impression que quelque chose nous a échappé. Et le regard s'arrête à nouveau sur ce squelette du premier plan qui égorge un pélerin; ou sur cet autre qui se sert de pièces d'or et l'on comprend d'où vient le malaise: la Mort, en plein travail, s'amuse...Voyez son sourire moqueur devant ces biens terrestres! Voyez l'ardeur joyeuse de ces soldats de la Mort!
A la panique désespérée des survivants correspond l'enthousiasme "triomphal" du vainqueur. Comment ne pas songer aux guerres du XXe siècle et aux génocides qui ont trouvé des éxécuteurs zélés?
Allégorie de la mort inévitable mais aussi symbole de l'oeuvre macabre des hommes qui anticipent l'heure, au nom du fanatisme et du pouvoir.

Citation :
"La mort fauche sur un sol de trois cent quarante lieues, dans deux cents villes murées, dans cent cinquante villages ayant droits de villes, dans les campagnes, les bourgs et les plaines. Le roi hérite. (...)
"Sang et larmes! la mort fauche sur les bûchers; sur les arbres servant de potences le long des grand'routes; dans les fosses ouvertes où sont jetées vivantes de pauvres fillettes; dans les noyades des prisons; dans les cercles de fagots enflammés au milieu desquels brûlent à petit feu les patients; dans les huttes de paille en feu où les victimes meurent dans la flamme et la fumée. Le roi hérite.
"Ainsi l'a voulu le pape de Rome"
La Légende d'Ulenspiegel, De Coster, Livre Troisième, 5


REMARQUES:
Des critiques ont parlé, pour cette oeuvre, de l'influence de Jérôme BOSCH (réalisme macabre et thème des amants insouciants dans "le Chariot de foin", par exemple). D'autres citent la fresque du "Triomphe de la Mort" de Buonamico Buffalmacco (Fresco Camposanto Monumentale, Pisa) et bien sûr," La Danse macabre" d'Holbein l'Ancien.
Sur le thème de la Mort dans l'art, du Moyen-Âge à ce siècle, voir cette étude.

© Julien FAIS
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