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 Les ANTILLAIS

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pscy
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MessageSujet: Les ANTILLAIS   Dim 27 Jan - 19:04

Les rites funéraires Antillais

Les aînés se souviennent.


La mort dénommée aussi «Bazile», quand elle arrive à un moment inconnu de tous sème toujours la consternation dans les familles mais elle est la preuve d'égalité entre les hommes.

Autrefois peu de gens mouraient à l'hôpi­tal, après les appels à l'aide et les rituels trois coups de "corne" (conque) de lam­bi, tout le voisinage, la première émotion passée, était à pied d'oeuvre afin de por­ter leur soutien aux parents du défunt. A cette occasion les rancunes étaient bannies.

En raison du manque de moyens de communication, des messagers, quels que soient le temps et l'heure, étaient dépê­chés à pied ou à cheval pour prévenir aussi bien la famille vivante, éloignée que tous les gens rencontrés sur leur trajet : «Kouri Sikilè».

Dans les Villes et les Communes, les plus aisés faisaient part du décès à l'aide de "billets d'enterrement".

Pendant ce temps, toutes les tâches étaient réparties entre les voisins, la tradition vou­lant que la famille en soit exemptée.

En règle générale, les femmes s'affairaient à l'intérieur alors que les hommes se partageaient les alentours.

Les couturières du coin s'occupaient de l'habillement du mort, tandis que d'autres femmes rangeaient la maison, couvraient les miroirs de draps blancs et paraient le lit des plus beaux attributs après qu'une planche ait été posée sur le matelas afin de maintenir le corps bien droit. II était aussi de tradition de faire enjamber la dépouille par tous ceux qui avaient peur des morts.

La maison et ses abords pouvaient être balayés mais les ordures laissées dans un coin ne devaient être jetées qu'au lende­main de l'enterrement. II fallait aussi pui­ser de l'eau dans la mare ou le puits d'à côté. La toilette mortuaire pour sa part était confiée à des "Matrones" quand le défunt était une femme et à des hommes pour leur semblable. II était ensuite expo­sé sur son lit jusqu'à la mise en bière. II fal­lait aussi prévoir au cercueil, car il n'exis­tait pas d'entreprise de Pompes Funèbres.

Alors qu'en ville on l'achetait dans les chantiers d'ébénisterie, à la campagne tout au contraire, les charpentiers des alentours sitôt l'annonce du décès, s'atte­laient à sa fabrication. Afin de se donner du courage ils se faisaient aider par un petit coup de rhum. Les hommes élaguaient les arbres, cou­paient l'herbe et construisaient des bancs de fortune. Dans les agglomérations, on empruntait les sièges des voisins et ces pratiques demeurent encore aujourd'hui. La mort ayant toujours été I occasion d'un grand "Kolé tête » au fur et mesure que la nouvelle s'était répandue, chacun arrivait avec sa participation, cela pouvait être du rhum, du café, des liqueurs du sucre, des bougies et voire même quelques sous ; mais cela a tendance à disparaître dans certaines familles.

La tradition voulait aussi que toutes les réjouissances prévues dans le quartier soient à cette occasion annulées.
A la tombée de la nuit, on allumait des bougies sur une bonne partie du chemin menant à la maison du défunt puis, l'on faisait le café sur des réchauds à char­bon "Réchos" ou des foyers "Foyé-Difé".
Tandis qu'à l'intérieur les dévotes enta­maient les litanies et égrenaient les cha­pelets pendant des heures, à l'extérieur régnait une autre animation.
Devant la maison des hommes et des femmes dont certains attirés par le chant de la veillée s'étaient mêlés aux proches pour former des cercles, au milieu desquels se trou­vaient les chanteurs accompagnés des choeurs de boula : "boula gyèl" auquel actuellement on a ajouté le tambour "ka", les joueurs de "Magnolè », de "boutou, de Pilé kakô", les conteurs qui ponctuaient chacun de leurs récits de longs : "Mésyé Krik ? krak ! Listikrik ? Listikrak !
Tout au long de la nuit, la foule de spectateurs répondait par des battements de mains aux improvisations de ces acteurs d'un soir. Pendant ce temps, les femmes faisaient le service car si le rhum ne cou­lait pas à flots ou s'il était servi chiche­ment le parent le plus proche du défunt prenait le risque de se voir conspuer par des "Mèt a mo-la gyèl a Manman-ou" ou "es ki tini". Ainsi s'enchaînaient chants et contes tout au long de la nuit.
Au lever du jour, après un passage dans la chambre du mort juste le temps comme à l'arrivée d'asperger la dépouille d'eau bénite placée dans une tasse où trempait un bout de rameau béni, chacun s'en allait ensuite vaquer à ses occupations.
Dès lors, il fallait se remettre à l'oeuvre et préparer le repas destiné à recevoir non seulement la famille revenant de loin, mais aussi tous ceux qui prêtaient mains fortes pour cela on abattait t or an mal (cochon bœuf, etc ).
Dans la matinée on dépêchait quelqu’un pour faire la déclaration en mairie, quérir le certificat de décès, contacter le fossoyeur si l'inhumation se faisait dans un cimetière public ; cette tâche est encore à la campagne réservée aux volontaires du quartier quand l'inhumation a lieu en cimetière familial.
II fallait ensuite voir le Curé pour la céré­monie religieuse et le défunt qui y avait droit devait de son vivant être bien en règle avec l'église.
Si la mort était due à un suicide ou que la veillée avait été très bruyante le prêtre refusait de célébrer l'enterrement. Celui-­ci était réparti en trois classes :




  • Pour une cérémonie de 1ère classe, l'égli­se était drapée de tentures noires jusqu'à l'entrée principale, le catafalque recou­vert aussi de noir, le chantre entonnait les cantiques "Libera" il était accompagné par l'organiste qui jouait de l'harmonium. Le Suisse "chasse coquins" vêtu de noir et coiffé de son tricorne, la canne à la main arpentait l'église afin d'évincer les troubles­fêtes.
  • Lors de la cérémonie de 2ème classe l'égli­se était à moitié décorée.
  • La 3° classe ou "Béniko" était réservée à ceux qui n'étaient pas en harmonie avec les commandements de Dieu ; ils devaient se contenter d'une bénédiction sur le parvis de I église. Quant aux suicides surtout ceux morts par pendaison, ils n'avaient droit à aucune cérémonie.




Le prix de I’enterrement était aussi fonction des classes.
Chaque commune avait sa maison mor­tuaire destinée à recevoir le corps des personnes décédées tragiquement (noyade) ; on y déposait aussi les corps revenant de la campagne juste avant l'enterrement.
Pour les cérémonies de 1ère et 2ème classe, le curé accompagné du chantre et des cler­gés venaient chercher le corps. Le nombre de bannières était fonction de la classe de la cérémonie. Ces morts bénéficiaient du son de cloche : "le glas" qui était son­né à 5, 12, 15, 18 heures, à l'entrée, au "libera", à la sortie de l'église ; et d'une demie ou d'une conduite au cimetière où le cercueil avant la descente dans la fos­se recevait une dernière bénédiction.
La maison mortuaire ou la maison du défunt était aux environs de midi garnie de draps blancs sur lesquels on avait accroché des feuilles de buis : "les Niches". Des fleurs étaient cueillies dans les jar­dins des alentours puis réunies en bou­quets ou en couronnes et portés par des volontaires. Juste avant la mise en bière vers 15 heures, qui dans les campagnes était annoncée par un coup de corne de lambi, toute la famille et les amis don­naient au mort un dernier baiser (sur le front) et il fallait veiller à ce qu'aucune lar­me ne lui tombe dessus, puis on lui débou­tonnait les vêtements. II était ensuite don­né deux coups au moment de la fermeture du cercueil et trois derniers au départ du cortège précédé par des cavaliers qui s'amusaient à faire trotter leur monture.
La famille proche ne devait pas assister à l'enterrement mais la levée du corps strictement réservée aux hommes de la famille ; puis le cercueil était porté par des jeunes qui se relayaient. II était permis seulement après le départ du cortège de jeter l'eau qui avait été placée dans une cuvette sous le lit du mort. Le cercueil ne devait surtout pas être tourne dans la maison et la tradition voulait aussi qu’au retour d’un enterrement l'on ne rende visite aux malades avant d'être revenu à la maison du défunt "Déposer le mort" et boire un coup.
Au lendemain de l'enterrement, la les­sive et un grand nettoyage réunissaient encore les proches et les voisins. Le même jour commençait la prière qui devait durer 9 jours et à l'issue duquel "le Vénéré" une réception analogue à la veillée était enco­re organisée.
Entre-temps et pendant 40 jours, on allu­mait une veilleuse "lampe à huile" dans la chambre du décédé. II fallait aussi attendre que ces 40 jours soient passés avant de se rendre sur la tombe du défunt. Au matin de ce dernier, une messe était dite en sa mémoire et l'on pouvait enfin "relever la tombe" avec de magnifiques conques de lambis ou de pierres "roch".
La durée du deuil était fonction du degré de parenté ou de l'amitié qui liait au mort. Elle variait entre 1 et 5 ans.
Les aînés pensent que depuis bien des choses ont changé et que si l’on n'y prend garde, les Antilles serons un jour privées d’un authentique élément de leur culture : « le rituel funéraire aux Antilles ».



Source : http://www.obseques-liberte.com
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