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 Le deuil en France - En Bretagne -

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pscy
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MessageSujet: Le deuil en France - En Bretagne -   Dim 27 Jan - 19:39

Le deuil en Bretagne


Commencement de continent et fin de terre, la Bretagne, ce pays contrasté et mystique, d'Armor et d'Argoat, porte en lui la trace des peuples ancêtres (Celtes surtout) et de leurs esprits, mais aussi l'influence d'un christianisme plus "sombre" qui s'est superposé à des croyances empreintes de merveilleux venues d'autres âges.
Letavia "le pays près de la mer", premier nom de la Bretagne continentale, est restée cette "porte de l'Autre Monde", lieu d'embarquement des trépassés vers les îles d'occident.



L'ANKOU, POURVOYEUR DE L'AU-DELA

L'Ankou "l'ouvrier de la Mort" peut être considéré comme le personnage central de la mythologie bretonne. Il est le pourvoyeur, le Maître du passage entre le monde des vivants et les demeures de l'Autre Monde. Le plus souvent décrit comme un homme très grand et décharné, à la longue chevelure blanche, portant un chapeau à larges bords, le visage dissimulé, se tenant debout dans une charrette grinçante tirée par deux chevaux, l'Ankou peut aussi apparaître sous la forme d'un squelette tenant une faux à la lame inversée ou une flèche. Est rapporté également le danger pour quiconque de croiser ou de barrer les "chemins de la Mort" (hennuyer art Maros), ceux que l'Ankou emprunte dans ses parcours terrestres ou maritimes.
Malheur à ceux qui commettent le méfait d'empêcher le passage du char funèbre ou de porter les yeux sur le "Bag Noz", le bateau de nuit longeant la côte, dont le capitaine n'est autre que le premier mort de l'année, ou le plus jeune ou encore le plus âgé. Leur vie s'en trouvera abrégée!

LA CHAPELLE BLANCHE

Autrefois, on accrochait des draps piqués de branches de gui et de laurier autour du lit mortuaire (Chapelle Blanche). Cet habillage de deuil de la pièce devait parfois durer une année entière.
Longtemps, l'usage a été de coucher le mort sur la table de cuisine, à la lumière de la principale fenêtre de la pièce, la dépouille étant recouverte d'une toile fine ornée d'une croix, ce linge ayant précédemment servi à envelopper le pain. La parure funèbre du mort consistait en une chemise blanche.
S'agissant d'une femme, après lui avoir lissé les cheveux, on la parait de sa plus belle coiffe, de sa guimpe et de sa collerette. Le corps était ensuite enveloppé dans un drap frais, les bras restant libres de façon que les mains du défunt puissent être jointes, paume contre paume après que l'on eût enroulé un chapelet autour. Il y a peu de temps encore, chaque paroisse comptait ses ensevelisseuses attitrées pour lesquelles cette tâche était devenue une spécialité voire un sacerdoce.
Enfin, par respect envers le disparu, les gens de la maison cessaient tout travail pendant la durée d'exposition du corps. La veillée mortuaire donnait lieu à l'observance de rituels précis mais différents selon les contrées :
Confection de crêpes pour les parents, amis et voisins venus assister à la veillée; récitation d'oraisons et de prières (parmi lesquelles des psaumes et des hymnes de l'Eglise traduits en breton); ces veillées mortuaires suscitaient l'émulation entre récitants, pour le répertoire comme pour la rapidité du débit.
A l'île de Sein notamment, aux prières destinées au défunt s'en ajoutaient d'autres, récitées pour les autres morts de la famille; en les nommant précisément et en remontant aussi loin que possible dans le temps.

"LA VEUVE"

Le mort s'en va, mais peut-être le rencontrera-t-on demain, à l'heure de la trouble nuit, sur quelque route écartée, alors on pourra s'attendre, sans plus de surprise, à rencontrer le mort : l'Ana On.
Le mort enseveli, un autre rituel consistait à faire couler sur le linceul de la cire brûlante provenant du cierge placé au chevet du défunt.



Autrefois, à défaut d'ornements funéraires, des draps blancs étaient utilisés pour recouvrir les cercueils. Les convois funèbres continuaient d'emprunter les mauvais chemins reliant les fermes aux bourgs - en dépit de la construction de nouvelles routes - pour que le défunt soit conduit au cimetière par la même voie que celle utilisée pour les obsèques de ses aïeux. Dans le Léon, l'usage voulait que l'on heurte la tête du cercueil au piédestal de chacune des croix rencontrées sur le chemin du cimetière. A l'île d'Ouessant, en cas de disparition en mer, la famille et les proches se réunissent au domicile du noyé pour une nuit de veille et de prière autour d'une croix de cire symbolisant le disparu. Le lendemain, la croix est déposée à l'église, dans un reliquaire, parmi d'autres. Elle y demeurera provisoirement jusqu'au soir du ler novembre.


Ce jour là, toutes les croix déposées au cours de l'année seront transportées au cimetière dans un monument spécial appelé proella, "retour des âmes au pays."
Il existait encore dans la Bretagne du début de ce siècle, des cimetières réservés aux suicidés; les cercueils étaient passés par-dessus un mur sans ouverture. Les nombreux ossuaires visibles dans ce qu'il est désormais convenu d'appeler les enclos paroissiaux, rappelant que dès le milieu du Moyen-Age, l'exhumation des os avait été dictée par la nécessité de faire de la place pour pouvoir enterrer une population croissante. Cette pratique a survécu jusqu'à la fin du XXème siècle dans les cimetières bretons où, au bout de cinq années, on portait au charnier les os du dernier occupant.

LES "ANAONS" ET LA BAIE DES TREPASSES.


Nombre de contes et légendes ont rapporté la description de ce "monde intermédiaire" dans lequel les défunts sont encore liés à l'univers qu'ils viennent de quitter. Ce domaine appartenant aux âmes errantes dénommées les "Anaons", tient encore une place considérable dans les croyances bretonnes. Certains rites n'étaient pratiqués par les vivants que par souci de soulager des âmes ayant faim et froid, et de soutenir leurs forces pour le voyage dans l'autre monde. La mer, l'océan et le littoral armoricain ont été des sites privilégiés pour le retour des Anaons, âmes trois fois revenantes.



LE DEPART DE L'ENTERREMENT
CEREMONIE DES MORTS EN MER


Les marins qui meurent durant la pleine navigation sont jetés à la mer. Sur l'île d'Ouessant on organise, au retour du bateau, un enterrement fictif.
A l'embouchure de l' Arguénon (Côtes d'Armor), les âmes, à certaines périodes de l'année, emplissaient la barque du passage, vide de passagers, pour permettre aux Anaons d'effectuer la traversée d'une rive à l'autre.
La Baie des Trépassés, lieu d'embarquement traditionnel vers l'au- delà mythique, avec, à son large, l'îlot de Tévennec, qui surnage au dessus de la ville engloutie d'Is, témoigne à elle seule des mystères liés à la mort. Ainsi, au XXème siècle, les pêcheurs et marins de Douarnenez, noyés dans la baie, étaient transportés dans la Grotte de l'Autel, près de Morgat, huit jours durant avant d'embarquer pour l'autre monde.
Après ce geste, la foule se dispersait laissant les âmes venir se chauffer près des braises du tantad. Les premier et deux novembre donnaient lieu, notamment dans la région de Plougastel-Daoulas, à la célébration de vêpres des défunts.


Le deux novembre en particulier, jour des Morts ou An Anaon, on allumait dans la plupart des maisons bretonnes de grands feux destinés non pas aux mortels mais aux défunts, pour que leur âme puisse s'y réchauffer.


Frank Cimart

En savoir plus :

LA BRETAGNE. Alain Dag-Nau6.
Editions Jean-Paul Gisserot.
Un somptueux voyage en couleurs à la recherche
des trésors oubliés de la Terre d'Armor.

LA LEGENDE DE LA MORT
CHEZ LES BRETONS ARMORICAINS.
Anatole te Braz.
Editions tacitte Reprints.


Source :
http://www.obseques-liberte.com
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